26
May

“Les électeurs jugent que le gouvernement espagnol est trop faible dans l’UE et au G20”  

  

Les élections municipales et régionales partielles dimanche se sont soldées par une défaite historique du parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Avec plus de deux millions de votes de moins que le Parti Populaire (PP), le PSOE perd quatre des cinq régions qu’il gouvernait, sauf l’Estrémadure sauvée grâce à une alliance. Il perd également Barcelone, un symbole, après y avoir régner trente-deux ans durant. Prochain enjeu électoral capital pour le pouvoir, les législatives de 2012.

   

Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero estime que la défaite socialiste est liée à la crise. Est-ce la seule explication ?

 La crise a joué un rôle important mais ce n’est pas la seule raison de ces résultats. La politique socialiste a été mauvaise non seulement au niveau économique mais aussi d’un point de vue politique, notamment sur le plan international. Les électeurs jugent que le gouvernement espagnol se montre trop faible dans l’Union européenne (UE) et au G20. Et ils ont choisi de le sanctionner à travers ces scrutins municipaux et régionaux. Pour le PSOE, ces résultats de dimanche sont de mauvaise augure avant les élections législatives de mars 2012. 

 

Dans les régions gagnées par le Partido Popular (PP), les nouveaux élus pourront-ils éviter les coupes dans les services sociaux ?

 Non, car ils doivent rééquilibrer les comptes après le gaspillage qui a été de mise dans les communautés autonomes. En outre, ces réductions seront nécessaires pour respecter les objectifs du plan d’austérité imposé par Bruxelles. Et s’il se révélait que les soupçons portant sur d’éventuelles dettes dissimulées par les communautés autonomes étaient fondés, cela serait très grave.  

 

Quelle influence réelle sur les élections ont pu avoir les mouvements de protestations civiques en Espagne depuis plus d’une semaine ?

 Je ne crois pas que le Mouvement du 15-M (15 mai) soit politique. Il n’a pas eu de véritable influence sur les résultats, et je ne crois d’ailleurs pas que c’était là son objectif. Il s’agit davantage d’une protestation formulée par la société civile qui exprime un immense ras-le-bol face à la situation économique et à la classe politique. Cette dernière est d’ailleurs classée par les Espagnols comme le troisième plus important problème du pays après le chômage et le terrorisme.   

 

 

Propos recueillis par Gaëlle Lucas, à Madrid.  

 

La Tribune – Mardi 24 mai 2011 (page 3).  

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